OCCUPATION DIRECTION REGIONALE POLE EMPLOI A VILLENEUVE D'ASCQ, LE 21 MARS

Publié le par ccpl59

 

Le collectif chômeur-ses / précaires  ouvre une brèche dans le mur Pôle Emploi

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 Ce mercredi 21 mars, peu avant 9h, nous étions une vingtaine à investir les locaux de la direction régionale de Pôle Emploi à Villeneuve d'Ascq. Parmi nous, Philippe bien sûr, qui en est alors à son vingt et unième jour de grève de la faim, plus quelques indigné-es et des membres de Sud étudiant-es. Puis, à partir de 9h15, c'est une soixantaine de membres du Comité des Sans-Papiers 59 qui nous ont rejoint et ont entonné des chants de soutien à l'extérieur des locaux. (Tract diffusé ICI)

sans papiers

 

« LE SYNDICALISME N'EST PAS DU TERRORISME »

Dans le hall d'accueil, toute la matinée fut marquée par le dialogue de sourd mené par le directeur adjoint à la sécurité et au bâtiment (!), M. Régis Museur. Celui-ci nous accuse à demi-mots d'être violent-es, de « compromettre la sécurité des locaux » et refuse « de négocier sous la contrainte ». Rien à voir selon lui, avec la « violence » ni même la « contrainte » exercée par Pôle Emploi à travers, par exemple, les menaces systématiques de radiations en cas d'absence à une convocation. Certainement, M. Régis Museur préfère que les chômeur-ses retournent la violence contre eux, quitte à prendre les risques d'une grève de la faim, plutôt que d'accepter de prendre en compte leurs revendications lorsqu'ils font le choix de s'organiser. Après une vague promesse de réception que nous déclinons (les promesses n'engagent que les imbéciles qui y croient), ce dernier finit par appeler la police. C'est donc sous la menace d'une évacuation manu-militari, et avec une présence policière continue, que l'occupation se poursuivra jusqu'à 13h15.

banderole

LE SOUTIEN DU SNU

Dehors, trois syndicalistes du SNU – syndicat majoritaire de Pôle Emploi - nous rejoignent. Ils ont quitté une réunion de travail pour venir manifester leur solidarité et témoigner de la dégradation des conditions de travail subie à l'intérieur de l'institution par les salarié-es de Pôle Emploi. Pendant ce temps, la police s'est postée aux entrées du bâtiment et scinde le groupe des occupant-es en deux parties.

keufs

Finalement, c'est avec le directeur régional lui-même, revenu en catastrophe de Maubeuge, que nous finirons de parlementer. Vers 13h15, la quinzaine d'occupant-es encore à l'intérieur décide de quitter les locaux en l'échange d'une réunion, l'après-midi même, pour étudier le cas de Philippe et d'une autre réunion, jeudi 29 mars, destinée à étudier nos revendications (1). À cette occasion, nous comptons bien réunir le plus de dossiers possibles pour obtenir que des radiations soient annulées. Des membres du CSP 59 seront également présents au sein de la délégation. Nous soulignons que ce jour aucune réponse claire n'a été donnée par la direction régionale quant aux recours aux lampes UV au sein des agences pour vérifier l'authenticité des papiers d'identité. Sous couvert de la chasse "aux escrocs des assedic", nous dénonçons ce dispositif qui se fait en lien direct avec la Préfecture afin de collaborer à la traque aux sans papiers. La langue de bois à ce sujet perdure et nous exigeons donc le retrait des lampes UV de toutes les agences de la région.


Le collectif des chômeur-euses et précaires de Lille tient à remercier chaleureusement le Comité des Sans Papiers 59 pour son soutien à l'égard des occupant-es.

 

 Nous rappelons que demain, jeudi 22 mars, une conférence de presse aura lieu pour faire le point sur la lutte menée par notre camarade Philippe à 13h30 devant la mairie d'Hellemmes.

 

Nous appelons tous les chômeur-ses qui auraient un litige avec Pôle Emploi à prendre contact avec nous et à nous soumettre leurs dossiers avant la réunion du 29 mars prochain.

 

Nous appelons dores et déjà à un rassemblement, jeudi 29 mars prochain, en appui à la délégation qui sera reçue par la direction. Nous communiquerons l'heure du rendez-vous dès que nous en disposerons.

 

NB : Suite au rendez-vous de cette après-midi, Philippe a décidé de mettre entre parenthèses sa grève de la faim.

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Ce n'est qu'un début ! C'est la lutte qui commence !

 

 Collectif chômeur-ses / précaires de Lille,  21 mars 2012.

Contact : collectifCPL59@yahoo.fr / blog : http://ccpl59.over-blog.com/

Blog du CSP 59 : http://leblogducsp59.over-blog.com/

1 : Nos revendications à ce jour : des tableaux d'affichage libre dans toutes les agences de la région, une visibilité claire sur les chiffres et la situation des demandeur-euses d'emploi dans la région (motifs et nombres de radiations, crédits alloués à la sous traitance privée...),  l'arrêt des radiations pour manquement à une convocation, la fin de la dématérialisation : les rendez-vous doivent être pris d'un commun accord entre le/la demandeur-euse d'emploi et le/la conseiller-e, la suppression des délais de carence, la suppression de l'Offre raisonnable d'emploi pour les RSAstes, la titularisation des personnels précaires des agences Pôle Emploi de la métropole lilloise, une obligation de la part de Pôle Emploi d'informer les usagers sur leurs droits. 

tract du 21 mars :

POURQUOI NOUS OCCUPONS LA DIRECTION REGIONALE DE POLICE EMPLOI 

Parce que Pôle Emploi a abandonné sa mission sociale au profit d'une politique de flicage, nous nous organisons collectivement. Culpabilisation, processus d'isolement et répression physique ne marcheront plus. Ensemble nous prendrons ce qui nous est refusé et qui pourtant nous est dû : le droit à des conditions de vie décentes. Nous exigeons que soit instauré un revenu minimum garanti pour TOU-TES sans aucun critère d'âge ou de papiers.

 

Nous dénonçons Police Emploi qui traque et stigmatise les chômeur-euses. Nous dénonçons le lien étroit qui existe entre Pôle emploi et la police, lien clairement exprimé par la circulaire interne adoptée en septembre 2010 et relative à « la conduite à tenir en cas de manifestation ». Celle-ci stipule que les agences doivent « garder un contact permanent avec les organismes tels que la préfecture et les renseignements généraux ». Toute initiative collective est donc criminalisée dans le but de maintenir l'isolement des plus précaires.

 

Nous condamnons cette administration raciste qui dans sa manière de fonctionner crée des inégalités de traitement entre les usager-es. Les sans papier-es sont les premières victimes de cette discrimination institutionnalisée en cotisant pour des allocations qu'ils/elles n'auront pas le droit de toucher. Le racket des cotisations sociales pour les personnes sans papiers doit cesser. Nous dénonçons aussi les dispositifs de contrôle tels que les lampes à UV servant à détecter les faux papiers. Nous réclamons la régularisation de TOU-TES les sans-papiers ! 

 

Nous sommes venu-es rappeler à Pôle Emploi que nous ne sommes pas des « client-es ». L'administration fonctionne désormais sur le modèle de l'entreprise : elle cherche le profit, vend notre temps à la sous-traitance (Ingus), aliène ses employé-es. Nous sommes des usager-es du service public, Pôle Emploi doit donc s'adapter à nous et non organiser notre soumission au patronat.

Nous exigeons la cessation immédiate des radiations; leur but étant de masquer la réalité du chômage en faisant baissant les chiffres.

 

C'est à nous de choisir ce que nous voulons faire de notre vie. Nous refusons d'être les esclaves de la classe dirigeante qui, par le biais du travail salarié et l'instrumentalisation du chômage, nous exploite toujours plus. 

Désormais déterminé-es à ne plus nous laisser faire, nous exigeons :

 

Des tableaux d'affichage libre dans toutes les agences de la région

Une visibilité claire sur les chiffres et la situation des demandeur-euses d'emploi dans la région (motif et nombres de radiations, crédits alloués à la sous traitance privée...)

Une obligation de la part de Pôle Emploi d'informer LES USAGERS sur leurs droits.

L'arrêt des radiations pour le moindre manquement à une convocation

La déradiation de toutes les personnes radiées ce jour

La fin de la dématérialisation : les rendez-vous doivent être pris entre le/la demandeur-euse d'emploi et le/la conseiller-e.

La suppression des délais de carence

La suppression des dispositifs de flicage

La titularisation des personnels précaires des agences Pôle Emploi de la métropole lilloise.

La suppression du dispositif Offre Raisonnable d'Emploi (ORE)

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