Plus de contrôle contre le désespoir des pauvres ? À quand les pilules qui feront de nous des gentils(-les) allocataires ?

Publié le par ccpl59

 

 

Mercredi 8 aout, un quinquagénaire, s'immolait par le feu dans les locaux de la caf de Mantes-la-Jolie. Vendredi dernier il mourrait de la suite de ses blessures.

Ce suicide, s' il est présenté comme un fait isolé d'une personne désespérée, répond à quelque chose que tout allocataire vit, ou peut vivre. L'homme, dont les médias taisent le nom comme si il était honteux, était privé de RSA depuis mai, et la CAF lui demandait pour la quatrième fois des pièces justificatives. Une situation commune à beaucoup de précaires et de chômeur-euses. Alors que l'entretien où le quinquagénaire est passé à l'acte est qualifié « très classique et paisible » par la préfecture, c'est on demandé comment vivait cet homme depuis quatre mois ? Que disent ceux qui l'ont poussé au suicide ?

 

Marie-Arlette Carlotti, la ministre déléguée chargée de la Lutte contre l'exclusion assure, que "la CAF a rempli sa mission avec sérieux". L'institution n'est donc pas responsable à ses yeux. Elle rappelle la politique de l'institution, en guise de réaction obligé à ce drame difficilement étouffable: "il important d'éviter toute rupture dans le suivi des personnes et il est indispensable d'accompagner chacun de manière continue". Elle ajoute:"Les situations personnelles, aussi complexes que diverses, doivent être prises en compte afin d'apporter un soutien en personnes en difficulté"

Le contrôle continu et personnalisé contre le suicide, en somme.

 

N'est pas un réponse délirante ? L'individualisation des allocataires n'est il pas le lieu d'un contrôle accrue, où l'on donne le pouvoir à quelqu'un à peine formé de donner son avis sur la vie de l'allocataire qu'il suit ? Où il devient impossible de sortir du jeu de pouvoir entre les deux côté du guichet ? Où la pression devient constante (contrôle domiciliaire, suspicion de fraude, traque aux mères seules, et aux mauvais chômeurs-euses) ?

Non, cet homme n'était pas un malade mentale qu'il aurait fallu soigner, juste une personne qui a été poussé à bout par une institution qui fait passer un droit pour une carotte après laquelle il faudrait courir.

Le CCPL témoigne sa solidarité à l'immolé de Mantes-la-Jolie, et informe le conseil général et les responsables de la caisse d'allocations familial du Nord Pas de Calais, qu'il ne pourront pas autant se défausser que leurs homologues des Yvelines.

 

 

Contre la désolidarisation provoqué par l'institution, regroupons nous !

Faisons valoir nos droits !

Ne retournons pas la violence contre nous mêmes, reportons notre colère sur les responsables !

Publié dans Chômage

Commenter cet article

Olivier 14/01/2016 12:32

Bref, ton article est aussi instructif que la formation gratuite concernant l'investissement boursier que j'ai pu voir sur le site de Patrick de www.gagner-argent.org tout à l'heure!

Des C.G socialistes suppriment le RSA.... 22/09/2012 15:06

Ça y est :

colporteur 19/08/2012 12:10

Il ne touchait plus son RSA depuis quatre mois. On insiste beaucoup sur le fait que c'était une suspension et pas une fin de droit, comme si le résultat était différent, comme si ça ne voulait pas
dire que tu devais te démerder sans les 400€ et quelques qui te permettaient de ne pas couler totalement. Suspendu parce qu'il manquait des papiers. À l'heure où les caisses sont vides, faut savoir
que t'as intérêt à tous les avoir, les papiers, les photocopies, le dossier standardisé complété tant bien que mal, les attestations sur l'honneur que, les justificatifs de, pour gratter les
gravillons de solidarité qu'on consent encore à te jeter à la gueule, à toi l'assisté qu'est bien moins à plaindre que ceux qui vont au turbin...
Il suffit de voir comme tu es profondément suspect, toi, le monsieur de 51 ans, du fond de ton lit d'hôpital, quand tu n'es pas encore mort, et que des abrutis anonymes planqués derrière leur
clavier débitent des phrases-étrons à la chaîne, pour dire que si tu t'es vidé une bouteille de White Spirit sur la gueule avant d'y foutre le feu, c'était sûrement pour gagner un
arrêt-maladie.
Il faut se farcir les connards cyniques à second degré et leurs tentatives d'humour à deux balles, qui se targuent de savoir rire de tout, la politesse du désespoir, hein, je sais pas, mon second
degré s'est dissout, comme ma syntaxe, je perds facilement le fil et mes mots face à la connerie.
Il suffit d'écouter les plus modérés, les relativistes qui bredouillent que tu avais sans doute des problèmes psychologiques, des problèmes personnels. C'est une affaire personnelle d'être foutu à
la poubelle parce que trop vieux pour bosser, trop pauvre pour consommer, trop invisible pour exister autrement qu'en tant que numéro de dossier, un ticket à la main dans une file d'attente.
Il n'y a qu'à entendre et lire, à quel point tu ne vaux rien quand tu ne travailles pas et si peu quand tu bosses.
...
http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.fr/2012/08/brule.html