SAMEDI 17 MARS : JOURNÉE CONTRE LA RÉPRESSION POLICIERE A LILLE

Publié le par ccpl59

Journée contre la repression policière
Samedi 17 mars à Lille, le collectif de résistance à la répression et à l’intimidation des militants et des mouvements sociaux (CRIMMS) organise une journée contre la répression et les violences policières dans le cadre de la journée internationale contre les politiques sécuritaires (c’est aussi le jour de la manifestation commémorative de l’expulsion de St Ambroise).
  • 10h30 : tables rondes sur les différents aspects de la répression (sociale,syndicale et politique) ; rendez-vous sur la place Martin Luther King (Lille-sud) pour aller ensuite ensemble vers le lieu de la réunion juste à côté.
  • 14h : manifestation de la place Martin Luther King (Lille-sud) vers le centre de Lille en passant par plusieurs points symboliques.
  • A la fin de manifestation : assemblée populaire sur la place Degeyter (Lille-Fives).
  • 19h30 : repas collectif sur la place Degeyter (Lille-Fives).
  • 21h30 : projection sur la place Degeyter (Lille-Fives).
Samedi 17 mars 2012 - Journée contre la repression policiere

Parce qu’elle te contrôle quand t’as une gueule qui lui revient pas !

Parce qu’elle veut tout savoir sur toi : ton sexe, tes origines, ta sexualité, ta religion, tes opinions, ton ADN, tes empreintes…

Parce qu’elle refuse l’asile alors que c’est elle qui a fait fuir les gens de leur pays !

Parce qu’elle te soumet à un système qui ne te correspond pas !

Parce que, vu des beaux quartiers, elle a l’apparence de la « sécurité » mais qu’elle n’est qu’intimidation quotidienne dans les quartiers populaires !

Parce qu’elle te tabasse lors de tes révoltes et de tes manifs !

Parce que, quand t’es gréviste, elle est toujours là pour essayer de t’intimider ou d’entraver tes actions !

Parce que ce pays l’exporte à l’étranger comme un savoir-faire !

Parce qu’elle ne veut pas être filmée et prise en photo quand elle agit !

Parce qu’elle fait peur et résigne !

Chaque année depuis 1997, vers le 15 mars, le COBP (Collectif Opposé à la Brutalité Policière ) organise des manifestations dans les rues de Montréal, et cette journée de protestation s’est étendue à de très nombreux pays.

En France, alors que la multiplication des intimidations, violences policières, interpellations, condamnations de toutes sortes continuent de dessiner un peu partout un ordre policier généralisé, s’est imposée l’idée d’une nouvelle journée de mobilisation contre les politiques sécuritaires en cours ou à venir.

A Lille, le CRRIMMS, Collectif de Résistance à la Répression et à l’Intimidation des Militants et des Mouvements Sociaux, répond à cet appel international.

 

- Nous dénonçons les morts suspectes après une interpellation (en 2008 on compte 11 morts suspectes de la part de la police et cinq blessés graves, en 2009 on compte 5 morts, 5 blessés, en 2010, 9 morts suspectes, 5 blessés).

- Nous dénonçons les morts suspectes déguisées sous forme de suicide en prison !

- Nous dénonçons les contrôles d’identité de manière générale mais surtout les contrôles d’identité au faciès !

- Nous dénonçons la chasse aux sans papier-e-s et aux migrant-e-s à Lille, Calais, Angres, Norrent-Fontes, Steenvoorde, et partout ailleurs !

- Nous dénonçons le racisme et la violence de l’institution policière qui est au service des intérêts des plus riches et des classes dirigeantes !

- Nous dénonçons la multiplication des lois et des projets sécuritaires qui restreignent les libertés. Et 50 ans après la fin de la guerre d’Algérie, nous dénonçons les techniques répressives contre-insurectionnelles nées et testées durant cette guerre qui visent aujourd’hui à toujours plus nous contrôler et nous ficher par tous les moyens !

- Nous dénonçons la violence pendant les mouvements sociaux comme ce fut le cas en octobre 2010 à l’égard des lycéen-nes sur qui des chiens furent lâchés à Lille, Roubaix, Tourcoing !

- Nous dénonçons la multiplication des procès et des amendes pour les grévistes et militant-es des mouvements sociaux (Xavier Mathieu pour avoir refusé la prise ADN) !

- Nous dénonçons la censure à l’égard du site copwatch et de toute personne voulant filmer ou prendre en photo les forces répressives !

- Nous dénonçons toute répression qui vise à nous soumettre et à nous faire taire !

Notre silence ferait de nous toutes et tous les complices de l’État policier !

 

On nous dit souvent que le métier de policier-e est dangereux. Pourtant selon le site « victimes du devoir », le nombre de mort-es dans la police est stable depuis une dizaine d’années. On en comptait 3 en 2002, 9 en 2003 et 2004, puis 2 en 2005 et 2006, 6 en 2007, 5 en 2008 et 7 en 2009, 6 en 2010 et 4 en 2011. Nombre dérisoire au regard du nombre de morts liées aux accidents de travail : 144 dans la construction et 134 dans l’industrie entre 2002 et 2004.

En même temps les policier-es ont de plus en plus tendance à se considérer comme des « justiciers », ce qui légitime selon eux l’usage de la violence lorsqu’il y a « dérives » ou « bavures » de leur part.

Si on compare, un-e ouvrier-e qui commet une faute grave est licencié-e, et un-e policier-e qui fait perdre un oeil à un-e jeune lycéen-ne ou cause une blessure mortelle se fait seulement muter. L’impunité dont jouissent les policier-es reste un facteur important pour que ce système d’injustice sociale puisse fonctionner, car c’est cette impunité qui leur permet d’employer la violence en sachant pertinemment qu’ils ne risquent pas grand-chose.

La police se définit surtout comme "maintien de l’ordre". Quel ordre ? Un ordre inégalitaire, celui d’une société organisée sur la domination économique et politique d’une minorité sur une majorité qui se fait exploiter toute sa vie. Il ne faut pas oublier que la police française a été créée sous Louis XIV, au même moment que l’instauration du code noir de l’esclavage. Son but était de chasser les mendiant-es, et donc assurer la sécurité des dominant-es.

Aujourd’hui encore, les violences policières sont ciblées ; elles touchent essentiellement les pauvres, les immigré-es, mais aussi les jeunes, les militant-es politiques, les "déviant-es", les insoumis-es…

Prenons l’exemple des jeunes. Human Rights Watch publie dans son rapport du 2012 que les jeunes issus des minorités, dont des enfants de moins de 13 ans, font fréquemment l’objet de contrôles comprenant des interrogatoires prolongés, des palpations portant atteinte à leur intimité… Ces contrôles arbitraires peuvent avoir lieu même en l’absence d’un signe quelconque d’infraction.

La Commission nationale de déontologie de la sécurité a également publié en 2008 une étude recensant des exemples de "violences illégitimes" des forces de l’ordre envers les moins de 18 ans. Recours excessif à la force lors d’une interpellation, fouille de sécurité injustifiée ou placement en rétention administrative comparable à de la maltraitance. Depuis sa création en 2000 la Commission a traité 75 dossiers concernant des mineurs (environ 10% du total).

Or est-ce que quelqu’un-e peut imaginer que Jacques Chirac ou Lilliane Bettencourt, si tant est qu’un jour on vienne les chercher, puissent être l’objet d’un traitement pareil au moment de leur interpellation ? Ce n’est pas possible parce que les policier-es ont intégré la nature de leurs client-es ; ils savent très bien reconnaître à qui ils ont à faire.

Les démonstrations de forces de sécurité, leur présence partout et la violence utilisée, plutôt qu’à nous protéger, sert plus à nous inculquer la peur et la suspicion ainsi qu’à nous apprendre la place qui nous est réservée dans cette société.

Signataires :

Collectif chômeurs et précaires de Lille, Collectif de résistance à la répression et à l’intimidation des militants et des mouvements sociaux (CRRIMMS), Collectif vérité et justice, Comité des sans papiers 59, Initiative communiste ouvrière, Mutuelle des fraudeurs de Lille, Union locale des syndicats CNT de Lille.

Publié dans Prochains RDV

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